Burkina Faso : Amnesty International vent debout contre le retour de la peine de mort

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Burkina Faso : Amnesty International vent debout contre le retour de la peine de mort

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L’adoption par la junte burkinabè d’un projet de loi visant à réintroduire la peine de mort continue de susciter une vive inquiétude au sein des organisations de défense des droits humains. Annoncé le 4 décembre 2025, ce texte marque une rupture nette avec l’abolition prononcée en 2018 et ouvre la voie à un durcissement inédit de l’arsenal pénal du pays.

Selon le gouvernement de transition dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré, la peine capitale serait réservée aux infractions jugées les plus graves, notamment la haute trahison, les actes terroristes et l’espionnage. Pour les autorités, confrontées à une crise sécuritaire persistante et à des attaques jihadistes meurtrières, ce choix répond à la nécessité de renforcer la protection de l’État et de dissuader toute menace interne ou externe.

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Amnesty International exprime cependant une ferme opposition à cette orientation. L’organisation rappelle que la dernière exécution au Burkina Faso remonte à 1988, avant l’abolition formelle intervenue trente ans plus tard. Pour Marceau Sivieude, directeur régional d’Amnesty, la réintroduction de la peine de mort représente un « recul majeur », d’autant plus préoccupant qu’elle pourrait devenir un outil de répression dans un contexte politique déjà marqué par la disparition de voix critiques et les dénonciations de pratiques d’intimidation.

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Le projet de loi, qui doit encore être examiné par l’Assemblée législative de transition, s’inscrit également dans une dynamique plus large de durcissement moral et social. Il renforce notamment les sanctions liées à la « promotion ou aux pratiques homosexuelles », après une loi adoptée en septembre prévoyant jusqu’à cinq ans d’emprisonnement pour ce type d’infractions.

Alors que le Burkina Faso poursuit une ligne souverainiste et consolide ses alliances avec la Russie ou l’Iran, Amnesty et plusieurs ONG appellent les autorités à renoncer à ce texte. Elles estiment qu’un tel virage risque d’aggraver les tensions internes et de fragiliser davantage un pays déjà éprouvé par l’insécurité et les crises humanitaires.

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