Coup d’État en Guinée-Bissau : La CEDEAO convoque une réunion d’urgence

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Coup d’État en Guinée-Bissau : La CEDEAO convoque une réunion d’urgence

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO ) tient ce jeudi un sommet extraordinaire consacré à la situation explosive en Guinée-Bissau, où un coup d’État militaire a renversé mercredi le président Umaro Sissoco Embalò. La réunion, organisée en visioconférence sous la présidence du chef d’État sierra-léonais Julius Maada Bio, intervient moins de vingt-quatre heures après l’installation du général Horta N’Tam à la tête d’une transition annoncée pour un an.

Investi par le Haut Conseil militaire pour le rétablissement de la sécurité nationale et de l’ordre public, le général N’Tam promet une rupture sécuritaire. Il s’engage à combattre sans relâche les réseaux de narcotrafic, accusés d’infiltrer les institutions et d’alimenter l’instabilité chronique du pays. Selon les militaires, leur intervention était nécessaire pour « contenir une menace grandissante contre la démocratie et préserver la stabilité nationale ».

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Mais cette prise de pouvoir a immédiatement déclenché une vague de contestations. La coalition Plataforma da Aliança Inclusiva  Terra Ranka (PAI-TR), proche de l’opposant Fernando Dias da Costa, dénonce un putsch destiné à empêcher l’officialisation de résultats électoraux qu’elle estime favorables à son candidat. La coalition affirme que les compilations déjà effectuées « désignent clairement » Dias da Costa vainqueur dès le premier tour. Elle condamne également l’arrestation de plusieurs figures politiques, notamment celle de Domingos Simões Pereira, et exige leur libération sans délai.

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Les militaires, eux, assurent avoir agi pour déjouer un « plan de déstabilisation » impliquant des responsables politiques et des réseaux criminels, selon leur porte-parole, le général Dinis N’Tchama.

La condamnation internationale a été rapide. L’Union africaine, la CEDEAO et le Nigéria exigent le retour immédiat à l’ordre constitutionnel et la libération des personnalités arrêtées, rappelant que les observateurs avaient salué le bon déroulement du scrutin du 23 novembre.

Le sommet de la CEDEAO devra désormais définir une réponse coordonnée face à cette nouvelle rupture institutionnelle dans un pays où les transitions se succèdent depuis l’indépendance de 1974.

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