L’opposant béninois Julien Kandé Kansou envoyé en prison, les détails

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L’opposant béninois Julien Kandé Kansou envoyé en prison, les détails

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Ce jeudi 12 juin 2025, Julien Kandé Kansou, militant du parti d’opposition Les Démocrates (LD), a été placé sous mandat de dépôt à l’issue de son audition par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Il passera ainsi sa première nuit derrière les barreaux de la prison civile de Cotonou, en attendant son procès fixé au 1er juillet 2025.

Âgé de 34 ans, Julien Kandé Kansou est une figure montante de la sphère politique et intellectuelle béninoise. Membre actif de la cellule communication du parti LD, il est également écrivain et doctorant en histoire et archéologie. Son engagement en ligne, notamment contre la politique de taxation de l’internet instaurée par le gouvernement, semble aujourd’hui lui coûter sa liberté.

Interpellé le jeudi 5 juin dernier, le militant est poursuivi pour publication de fausses nouvelles et harcèlement par voie électronique, des infractions liées au code du numérique béninois. Des accusations que ses avocats, Maîtres Augustin Aballo et Renaud Agbodjo, jugent excessives et politiquement motivées.

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« Il est reproché à notre client d’avoir publié des messages critiquant la taxation de l’accès à Internet. Il s’agit d’une opinion, exprimée dans un cadre démocratique », a déclaré Me Agbodjo à la presse.

L’audition du jour s’est déroulée en présence de ses conseils, dans un climat tendu mais calme. À l’extérieur de la juridiction, un petit groupe de militants et de sympathisants s’était rassemblé en signe de soutien. Parmi eux, Guy Mitokpè, porte-parole du parti Les Démocrates, est apparu grave mais déterminé à défendre la liberté d’expression.

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Cette arrestation intervient dans un climat politique où plusieurs voix dénoncent une instrumentalisation de la CRIET contre les opposants. Depuis sa création, la juridiction est régulièrement pointée du doigt pour ses méthodes jugées expéditives et son manque d’impartialité.

Le cas de Julien Kandé Kansou relance ainsi le débat sur la liberté d’expression au Bénin, notamment sur les réseaux sociaux, où de plus en plus de militants sont poursuivis pour leurs publications. Si l’État justifie ces poursuites au nom de la lutte contre les dérives numériques, l’opposition et plusieurs ONG y voient une volonté manifeste de museler les voix dissidentes.

À moins de trois semaines de son procès, le sort de Julien Kandé Kansou cristallise déjà l’attention. Pour ses soutiens, il incarne une génération engagée, prête à bousculer l’ordre établi. Pour les autorités, il semble en revanche être devenu un symbole à contenir.

Le 1er juillet, la CRIET dira si le militant doit rester derrière les barreaux pour ses opinions. Mais d’ores et déjà, son arrestation résonne comme un signal d’alarme sur l’état des libertés numériques au Bénin.

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