Nazih, l’influenceur qui réclame 6 milliards FCFA pour ne pas faire tomber Oligui Nguema

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Nazih, l'influenceur qui réclame 6 milliards FCFA pour ne pas faire tomber Oligui Nguema

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Quelles peuvent bien être les vidéos et audios dits « compromettants » du président gabonais Oligui Nguema qui font débat ? Est-ce juste du chantage ? Ce sont là quelques questions que toutes les personnes avisées se posent depuis quelques jours.

En effet, un influenceur a décide de secouer jusqu’au plus haut sommet l’appareil gouvernemental. Et pour ce faire, c’est le chef de l’État qu’il a ciblé.

L’affaire dénommée « Nazih » du nom de son auteur secoue l’opinion publique gabonaise. Médias locaux s’en emparent et réseaux sociaux s’enflamment.

Âgé de 25 ans, Nazih affirme détenir des enregistrements vidéo et audio « compromettants » visant directement le président de la transition, Brice Clotaire Oligui Nguema. Il assure que ces éléments pourraient provoquer un séisme politique au Gabon. Nazih el-Azzi avait pourtant posté jusqu’au 11 juillet dernier des messages laudatifs à l’égard du chef de l’État gabonais. « Le retour triomphal du Président Oligui : un peuple marche pour son leader », avait-il écrit le jour du retour d’Oligui Nguema des États-Unis, où il s’était entretenu avec plusieurs autres présidents africains avec Donald Trump à la Maison-Blanche. Changement de veste !

Brice Clotaire Oligui Nguema, président du Gabon

Brice Clotaire Oligui Nguema, président du Gabon

Interpellation et désolidarisation

Une telle affirmation a conduit à l’arrestation à Beyrouth, au Liban de Nazih. Selon plusieurs sources, il est au cœur des négociations entre les autorités gabonaises et libanaises en vue d’une extradition.

De son côté, Beyrouth pourrait extrader le jeune homme au Gabon où il risque d’être inculpé pour corruption en bande organisée, chantage et injures publiques, selon RFI. Même en l’absence d’entraide judiciaire entre le Liban et le Gabon, les deux pays pourraient trouver un arrangement.

Selon APA, le ministère de l’Intérieur libanais aurait justifié l’interpellation par des actes « portant atteinte aux relations diplomatiques entre le Liban et le Gabon » ajoutant qu’ils mettraient en danger « les intérêts de la communauté libanaise à Libreville ».

L’influenceur a tenu le Gabon en haleine en affirmant que l’enregistrement diffusé n’était pas le dernier : il détiendrait 46 autres et 14 vidéos « compromettants »

Pour acheter son silence, il a exigé une somme de six milliards de francs CFA (soit environ 9 millions d’euros).

Suite aux sorties du jeune influenceur, la communauté libanaise du Gabon s’est désolidarisée de son compatriote dans un communiqué.

Qui est l’influenceur Nazih ?

 

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Nazi, l’influenceur qui menace de faire tomber le président gabonais

Nazih Marwan Al-Azzi, alias Nazih, est un libano-gabonais connu sur les réseaux sociaux comme influenceur, avec plus de 26 000 abonnés sur Facebook.

Il se fait appeler « X Nazih X » sur TikTok, et est surtout suivi pour ses vidéos critiques à l’encontre des autorités gabonaises. Il se présente parfois comme militant anticorruption, d’autres fois comme une victime du « régime mafieux » gabonais.

Sommes-nous en face d’une affaire d’extorsion et d’un activisme exagéré ? Nul ne sait ce qui se passe avec précision pour l’heure car il faudra attendre la fin des enquêtes des autorités gabonaises.

Pour le moment, l’affaire continue de susciter du tollé tandis que le gouvernement garde son silence.

Un pouvoir jeune avec ses défis mais déjà menacé

Après 18 mois de transition, le Gabon est revenu à l’ordre constitutionnel. Nguema a remporté l’élection présidentielle du 12 avril avec 94,85 % des voix – la première élection depuis le coup d’État militaire de 2023.

M. Nguema s’est présenté sous la bannière du Rassemblement des Bâtisseurs, une plateforme soutenue par plusieurs partis politiques et organisations de la société civile.

Au début de son mandat , il s’est engagé à consolider les réformes mises en œuvre pendant la période de transition, notamment en renforçant la souveraineté économique du Gabon, en améliorant le quotidien des citoyens et en luttant contre le chômage des jeunes.

Que va-t-il se passer si les conversations venaient à être diffusée ? Une question qui relance le débat de l’influence des jeunes africains sur les réseaux sociaux, leurs engagements et leurs capacités à bousculer les codes, l’ordre établi. Loin du printemps arabe et donc de tout renversement par la force, les réseaux sociaux donnent du fil à retordre aux gouvernements qui, parfois violent les traités internationaux en coupant ou en restreingnant.

Où s’arrête donc la liberté d’expression à l’ère des réseaux sociaux ?

 

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