Présidentielle au Cameroun : tout savoir sur les 13 candidats retenus

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Le 12 octobre 2025, le Cameroun choisira son président lors d’un scrutin très polémique. A quelques semaines de cette élection présidentielle au Cameroun à laquelle participe le président Paul Biya, la tension monte déjà. En effet, la Commission électorale du Cameroun (ELECAM) a récemment dévoilé la liste des candidats en lice pour faire face au président sortant. Cette liste de 13 personnes est loin de faire plaisir à certains opposants phares comme Maurice Kamto.

 

À Yaoundé, le 26 juillet, le Conseil électoral d’ELECAM a lâché la bombe : sur 83 candidatures déposées, seulement 13 ont été validées. Paul Biya, 92 ans, est dans la course pour un huitième mandat, mais Maurice Kamto, son principal rival, est recalé. Sur les réseaux sociaux, les réactions fusent. Pourquoi tant de rejets ? Qui sont ces 13 candidats qui vont se battre pour l’Étoudi ? Et que cache l’exclusion des autres ?

 

Les 13 candidats retenus pour l’élection présidentielle au Cameroun

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Sur 83 dossiers, seuls 13 ont passé le filtre d’ELECAM. On parle d’un taux d’acceptation de 15,7 % contre 84,3 % de rejets. Voici les visages de ceux qui courent pour le palais présidentiel, selon la liste officielle du 26 juillet 2025.

Paul Biya (Rassemblement démocratique du peuple camerounais – RDPC)

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À 92 ans, dont 42 au pouvoir, le président sortant est le favori. Investi par le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), Biya, ex-Premier ministre sous Ahidjo, a annoncé sa candidature le 13 juillet. Malgré des rumeurs sur sa santé, il promet « le meilleur » pour les jeunes et les femmes. Mais son long règne divise : certains saluent sa stabilité, d’autres dénoncent un système figé.

Ateki Seta Caxton (Parti de l’Alliance Libérale – PAL)

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À 39 ans, ce docteur en économie politique incarne la jeunesse. Vice-président du Parti de l’Alliance Libérale, né dans le Nord-Ouest, il dirige Newseta et prône une gouvernance audacieuse. « Je veux un Cameroun intègre », clame-t-il. Sa fraîcheur séduit, mais son manque d’expérience nationale peut freiner.

Bello Bouba Maïgari (Union nationale pour la démocratie et le progrès – UNDP)

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À 78 ans, cet ex-Premier ministre sous Ahidjo et ministre du Tourisme sous Biya revient après 1992. Natif du Nord, diplômé de l’ENAM, il mise sur son expérience pour séduire le « vote riche » du Septentrion. Son passé d’allié de Biya intrigue : allié ou rival ?

Bougha Hagbe Jacques (Mouvement citoyen national camerounais – MCNC)

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À 50 ans, cet économiste, ex-FMI, propose des réformes radicales : supprimer le poste de Premier ministre et le Sénat. Diplômé de Cornell et de l’École centrale de Paris, ce panafricaniste veut un Cameroun économiquement souverain. Son profil impressionne, mais son parti reste peu connu.

Dzipan Hilaire Marcaire (Mouvement Progressiste – MP)

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Nouveau visage du Mouvement Progressiste, ce quadragénaire, élu coordonnateur en 2024, tente sa chance. Moins médiatisé, il représente une opposition discrète mais déterminée, héritière de Jean Jacques Ekindi. Saura-t-il se faire entendre ?

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Issa Tchiroma Bakary (Front pour le salut national du Cameroun – FSNC)

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À 76 ans, cet ex-ministre de Biya, originaire du Nord, rompt avec le RDPC après 20 ans d’alliance. Fondateur du Front pour le salut national du Cameroun, il promet une transition. Son passé gouvernemental le rend crédible, mais son revirement divise.

Iyodi Hiram Samuel (Front des Démocrates Camerounais – FDC)

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À 37 ans, ce natif de Douala, issu de l’UPC, est le benjamin. Diplômé en génie chimique au Canada, il dirige un groupe agro-industriel et propose « Le Kontinent Debout », un projet en 12 axes. Sa jeunesse et son militantisme attirent, mais son parti est jeune.

Kwemo Pierre (Union des Mouvements Socialistes – UMS)

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Ex-membre du SDF, cet homme d’affaires et ex-maire de Bafang, 60 ans, veut fédérer l’opposition. Fondateur de l’Union des Mouvements Socialistes, il promet une gouvernance inclusive. Son expérience locale est un atout, mais sa notoriété nationale reste limitée.

Cabral Libii (Parti camerounais pour la réconciliation nationale – PCRN)

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À 45 ans, ce député et journaliste, 3e en 2018, revient avec le Parti camerounais pour la réconciliation nationale. Natif du Centre, il propose un fédéralisme communautaire. Populaire auprès des jeunes, il mise sur son charisme et son expérience.

Matomba Serge Espoir (Peuple uni pour la rénovation sociale – PURS)

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À 46 ans, ce conseiller municipal de Douala, panafricaniste, retente sa chance après 2018. Son rêve : un Cameroun souverain où « chacun mange trois fois par jour ». Son discours populiste séduit, mais son parti reste modeste.

Muna Akere Tabeng (UNIVERS)

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À 72 ans, cet avocat international, ex-vice-président de Transparency International, est soutenu par une coalition de partis. Après 2018, il revient avec un discours anti-corruption. Son profil global impressionne, mais sa base locale est fragile.

Joshua Osih Nambangi (Social Democratic Front – SDF)

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À 57 ans, ce député et homme d’affaires du Sud-Ouest, leader du Social Democratic Front, est 4e en 2018. Fort dans les régions anglophones, il mise sur son expérience parlementaire pour séduire. Son défi : dépasser l’héritage de Ni John Fru Ndi.

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Tomaino Hermine Patricia Epse Ndam Njoya (Union démocratique du Cameroun – UDC)

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À 56 ans, cette maire de Foumban, seule femme candidate, porte l’Union démocratique du Cameroun. Veuve d’Adamou Ndam Njoya, elle veut devenir la première présidente du Cameroun. Son charisme et son ancrage local sont ses forces.

Les candidats recalés : pourquoi la candidature de Maurice Kamto a été rejetée ?

Sur 83 candidatures, 70 ont été rejetées. Les raisons ? ELECAM pointe des dossiers incomplets : défaut de caution (30 millions de FCFA), manque de 300 signatures légalisées, ou pluralité d’investitures au sein d’un même parti. Maurice Kamto est sans doute le grand absent. 

 

Le cas du leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), fait scandale. Deuxième en 2018 avec 14 % des voix, il est recalé sous la bannière du MANIDEM. Raison officielle : « pluralité d’investitures », car un autre candidat, Dieudonné Yebga, a aussi revendiqué l’investiture MANIDEM, créant une confusion juridique. Anicet Ekane, fondateur de MANIDEM, dénonce une « manœuvre politique » du RDPC pour écarter Kamto, affirmant que Biya craint un face-à-face.

 

L’exclusion de Kamto, considéré comme le principal rival de Biya, fait craindre une élection biaisée. Le Conseil constitutionnel, souvent perçu comme proche du pouvoir, n’a jamais renversé un rejet d’ELECAM en cinq ans.

 

Parmi les 70 exclus, on note Léon Theiller Onana, un militant RDPC qui a défié Biya, rejeté pour manque de parrainage. Robert Kona, sans candidature déposée, conteste celle de Cabral Libii. Des candidats comme Eliane Véronique Eboutou ou Mbengono Zouame Epse Ndzie Ngono Guyleine, parmi les sept femmes candidates, ont aussi été écartés pour des raisons administratives. Les recalés avaient jusqu’au 28 juillet pour saisir le Conseil constitutionnel, qui statuera d’ici le 11 août.

 

La sécurité est renforcée à Yaoundé et Douala, car l’ONU craint des manifestations. Ce climat tendu rappelle 2018, où des accusations de fraude avaient suivi la victoire de Biya.

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Une élection à haut risque

 

Les 13 candidats représentent un mélange de jeunesse (Iyodi, Ateki), d’expérience (Biya, Bello Bouba) et de diversité (Tomaino Ndam Njoya). Mais l’absence de Kamto fracture l’opposition, divisant le vote anti-Biya entre Osih, Libii et Muna. Biya, favori, mise sur la machine RDPC, mais sa santé et son âge (92 ans) interrogent. Les recalés, eux, pourraient alimenter la contestation, surtout si le Conseil constitutionnel rejette leurs appels. Cette élection, la plus disputée depuis 1992, sera-t-elle un tournant ou une répétition du passé ?

 

Le 12 octobre 2025, le Cameroun jouera gros. Les 13 candidats portent des visions différentes pour un pays en quête de renouveau. 

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