Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a fermement démenti la présence de troupes rwandaises en République démocratique du Congo (RDC), en réponse aux accusations relayées par des rapports onusiens. Dans un entretien accordé au Monde Afrique, il a qualifié ces allégations de « fallacieuses », réaffirmant que Kigali n’a aucun engagement militaire aux côtés du Mouvement du 23-Mars (M23).
Alors que la situation sécuritaire à l’Est de la RDC demeure tendue, le ministre rwandais a souligné que son pays ne fait qu’assurer sa propre sécurité. « Nous n’avons pas de soldats sur le sol congolais. Nous n’avons pas conquis de territoire. Nos opérations sont limitées à notre frontière et proportionnées aux menaces qui pèsent sur nous », a-t-il insisté.
Lire aussi : Donald Trump « annule » les dernières grâces présidentielles de Joe Biden
Par ailleurs, Olivier Nduhungirehe a dénoncé l’attitude du président congolais, Félix Tshisekedi, qu’il accuse de favoriser l’escalade des tensions en collaborant avec des groupes armés tels que les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et les milices Wazalendo. Selon lui, ces alliances compromettent la stabilité régionale et constituent une menace directe pour la sécurité du Rwanda.
Sur la question du M23, le ministre a rappelé que ce groupe rebelle revendique une lutte contre « la persécution et la discrimination des Congolais rwandophones », particulièrement des Tutsi. Il a critiqué l’inflexibilité de Kinshasa qui, selon lui, refuse d’engager un dialogue direct avec le mouvement armé, rendant inefficaces les tentatives de médiation.
Tandis que la communauté internationale cherche à relancer des négociations sous l’égide de l’Angola, Kigali maintient sa ligne de défense et affirme qu’aucune pression extérieure ne modifiera sa position. « Nous n’avons pas peur d’être isolés », a conclu Olivier Nduhungirehe, mettant en avant les relations bilatérales de son pays, notamment avec la France.